mercredi 3 juin 2009

Acer mise sur les netbooks dotés du logiciel Android de Google

Acer mise sur les netbooks dotés du logiciel Android de Google

Acer, le troisième fabricant mondial de PC, compte lancer au troisième trimestre des "netbooks" fonctionnant sous Android, le système d'exploitation de Google, une initiative propre à concurrencer Windows de Microsoft.

ACER MISE SUR LES NETBOOKS ÉQUIPÉS DU LOGICIEL ...

Le constructeur informatique taïwanais est le premier à proposer ces mini-ordinateurs à bas coûts dotés d'une connexion internet équipés d'Android, quelques semaines après avoir annoncé qu'il commercialiserait des téléphones portables multimédias dotés de ce même logiciel d'ici la fin de l'année.

"Aujourd'hui, les netbooks sont loin de la perfection. Dans deux ans, cela sera très différent", a déclaré le responsable des produits informatiques d'Acer lors d'une conférence de presse au Computex, salon informatique qui se tient jusqu'au 6 juin à Taipei.

Wang s'est refusé à donner des objectifs de ventes ou les prix de ces netbooks qui seront équipés du processeur Atom d'Intel, mais il a précisé que le groupe continuerait à vendre des modèles tournant sous Windows.

Le prix public d'un netbook tourne autour de 300 dollars (210 euros environ). Un mini-ordinateur fonctionnant sous Android pourrait être moins cher, les analystes estimant le coût de l'installation de Windows XP sur chaque appareil à 25 dollars.

Il est encore trop tôt pour dire si Android pourra réellement menacer la suprématie de Windows de Microsoft sur le marché des PC, estiment néanmoins des analystes qui pointent l'absence d'applications et de logiciels compatibles avec Android.



Dell voit son bénéfice chuter de 63 %

Dell voit son bénéfice chuter de 63 %

Après des résultats particulièrement mauvais lors de son précédent trimestre, avec notamment une chute de 48 % de son bénéfice net, Dell vient de dévoiler les résultats de son premier trimestre fiscal 2010 (février à avril 2009). Et il n'y a pas de quoi pavoiser.

Avec 12,3 milliards de dollars de chiffre d'affaires, le géant américain affiche une baisse de 23 % en un an. Et sa marge brute a régressé de 27 %. Conséquence, son bénéfice se transformera très bientôt en perte à ce rythme, puisqu'avec 290 millions de dollars de bénéfice, contre 784 millions un an auparavant, Dell accuse un recul très important de 63 %.

Selon Dell, ces mauvais résultats ne seraient pas dus au grand public, mais plutôt aux ventes professionnelles du groupe. Ainsi, alors que le secteur grand public a représenté 2,8 milliards de chiffre d'affaires (-16 %), celui des grandes entreprises a généré 3,4 milliards de revenus (-31 %) et celui des PME 3 milliards de dollars (-30 %). Quant au secteur public (i.e. des administrations gouvernementales), il a tout de même représenté 3,2 milliards de dollars, en légère baisse de 11 %.

Les ventes d'ordinateurs de bureau continuent pour leur part leur chute (-34 %), avec 3,163 milliards de dollars, contre 3,875 milliards pour les ordinateurs portables (-20 %) et 2,246 milliards pour les logiciels et les périphériques (-18 %). Le secteur mobile représente désormais 32 % des revenus de la société.

Michael Dell, le patron de la firme étatsunienne, a notamment déclaré qu'il comptait bien continuer à réduire les coûts et améliorer la flexibilité de son entreprise.

Le BEA prévoit une enquête longue et difficile sur le vol AF447

Le BEA prévoit une enquête longue et difficile sur le vol AF447

Le Bureau d'enquêtes et d'analyses chargé d'éclaircir les causes de la catastrophe du vol AF447 prévient que l'enquête sera longue et difficile, que les 'boîtes noires' soient ou non retrouvées.

La récupération de ces enregistreurs, susceptibles de contenir de précieuses informations, s'annonce complexe, la profondeur de l'océan dans la zone où des débris de l'appareil ont été repérés étant estimée entre 2.000 et 3.000 mètres.

"Je ne suis pas d'un optimisme total, on ne peut pas exclure qu'on ne retrouve pas les enregistreurs", a dit le président du BEA, Paul-Louis Arslanian, lors d'une conférence de presse.

"Ce n'est pas seulement très profond, il y a aussi beaucoup de montagnes à cet endroit de l'océan", a-t-il ajouté.

Des navires brésiliens sont attendus mercredi soir dans la zone probable de l'accident de l'Airbus A330 disparu lundi avec 228 personnes à bord lors d'un vol Rio de Janeiro-Paris.

Des équipements de recherche français capables de descendre jusqu'à 6.000 mètres de fond doivent arriver dans le secteur dans une semaine.

Les 'boîtes noires' émettent un signal repérable à environ un kilomètre de distance pendant 30 jours.

Mais même si on les retrouve, "on n'a aucune garantie qu'on aura des informations utiles dedans", a dit Paul-Louis Arslanian.

Le BEA, qui rendra un premier rapport fin juin, dispose pour l'instant d'éléments sur l'entretien de l'avion, la météo et des messages automatiques de maintenance envoyés par l'appareil.

"Aucun élément ne donne à penser que l'avion avait un problème avant son départ", a précisé Paul-Louis Arslanian.

Il a mis en garde les journalistes contre l'interprétation hâtive des informations diffusées dans le cadre des recherches.

"L'enquête ne sera pas facile", a-t-il dit. "Une enquête est quelque chose en la matière de long, même parfois de très long parce que l'on ne peut pas se satisfaire de 80% de compréhension."

Quatre équipes du BEA sont mobilisées.

"Nous travaillons d'arrache-pied pour recueillir toutes les informations pour nous aider dans la phase de l'enquête", a dit le responsable de l'enquête, Alain Bouillard.

Parallèlement, le parquet de Paris, reprenant l'affaire au parquet de Bobigny, a annoncé mercredi l'ouverture prochaine d'une information judiciaire sur la catastrophe. Il précise avoir demandé à la gendarmerie de poursuivre les investigations.



Les débris retrouvés sont ceux de l'A330 d'Air France

Les débris retrouvés sont ceux de l'A330 d'Air France

Les débris d'avion repérés mardi dans l'Atlantique sont bien ceux de l'A330 d'Air France, disparu lundi avec 228 personnes à bord, ont confirmé les autorités françaises et brésiliennes, de sorte que les enquêteurs estiment qu'il n'y a plus d'espoir de retrouver des survivants. Lire la suite l'article

"Sauf miracle, vu la multitude de débris, il n'y a strictement aucun espoir de retrouver des survivants", a affirmé à Paris une source proche de l'enquête judiciaire à l'AFP.

"La présence éventuelle de survivants n'est même pas une hypothèse de travail", a ajouté cette source.

Des petits débris, dont un siège, ont été vus flottant sur une frange de cinq kilomètres à 650 km au nord-est de l'archipel brésilien de Fernando de Noronha et ces morceaux ont été identifiés comme étant ceux de l'Airbus d'Air France, assurant la liaison Rio-Paris.

Un navire patrouilleur brésilien devrait commencer mercredi les travaux de récupération de ces débris qui ont été localisés, a indiqué l'armée brésilienne.

Les 228 personnes qui se trouvaient à bord de l'avion étaient de 32 nationalités. Parmi elles, il y avait 72 Français, 59 Brésiliens et 26 Allemands.

Au cas où des corps seraient retrouvés, ils seront transportés par ces navires en un lieu situé à 250 miles (460 km) de l'île de Fernando de Noronha où des hélicoptères termineront le trajet.

Le Brésil a décrété trois jours de deuil national en hommage aux victimes.

A Paris, une célébration inter-religieuse sera célébré mercredi après-midi à partir de 16H à la cathédrale Notre-Dame en présence du président Nicolas Sarkozy et du cardinal André vingt-Trois pour les familles et les proches des disparus de l'Airbus Rio-Paris ainsi que des personnels d'Air France dont les douze membres du vol AF 447 figurent au nombre des disparus.

De son côté, la Grande Mosquée de Paris organise également mercredi, à 14H00, une prière, en coordination avec le Conseil français du culte musulman (CFCM) qui invite à participer à la "prière de l'absent".


Propositions Descoings. Ce qui va changer dans les lycées en 2010

Propositions Descoings. Ce qui va changer dans les lycées en 2010

Propositions Descoings. Ce qui va changer dans les lycées en 2010

Certaines propositions du rapport Descoings remises hier à l'Élysée pourraient être appliquées.

Le rapport Descoings préconise une valorisation des filières technologiques.
Le rapport Descoings préconise une valorisation des filières technologiques.

Près de quatre-vingts départements visités et des milliers de contributions sur le net pour un seul rapport : celui remis hier par Richard Descoings, le très charismatique directeur de Sciences-Po Paris, à Nicolas Sarkozy sur la réforme des lycées. Le chef de l'État l'avait chargé d'une mission de concertation au lendemain du retrait du texte présentée par l'actuel ministre de l'Éducation nationale Xavier Darcos.

Pour autant, Richard Descoings reste à la fois prudent et consensuel à la fois sur ses propositions comme sur les limites de la concertation engagée : « Une véritable refondation » du lycée nécessiterait un vaste dialogue, au-delà de 2010 », date à laquelle - l'Élysée s'y est engagée hier - « tout ou partie » des préconisations seront adoptées. En attendant, elles ont été envoyées, dès hier, aux chefs d'établissements. Voici, point par point, ce qu'il faut retenir de ces préconisations qui doivent permettre de bâtir « un lycée plus juste.

RÉÉQUILIBRER LES FILIÈRES : LA FIN DE L'HÉGÉMONIE DU BAC S

- Le rapport prône une classe de seconde unique avec les mêmes enseignements obligatoires pour tous. Objectif : permettre aux élèves un choix éclairé entre filière générale et technologique. Pour équilibrer les filières (S, ES et L) de la voie générale, la série L (lettres) sera revalorisée, notamment en introduisant de la culture scientifique et en renforçant les langues vivantes. Pour Richard Descoings, il s'agit de favoriser une orientation plus « subie » que choisie et d'éviter « un tri social ».

VALORISATION DES FILIÈRES TECHNOLOGIQUES

- Renforcement de la part des élèves des filières technologiques dans les IUT et BTS, avec des objectifs chiffrés d'accueil de ces élèves. Le rapport préconise de faire de la filière STI (Sciences et technologies industrielles) « une filière de pointe » et de la « culture technologique » une « culture commune » dès la seconde, « classe de détermination ».

Pour Richard Descoings, il faut savoir « si l'on veut que le secteur industriel ait encore une place majeure dans notre économie ».

ORIENTATION DES ÉLÈVES

- Elle sera intégrée dans le temps scolaire, sous forme de périodes banalisées. Des parrainages entre collégiens et lycéens, ou élèves de terminale et étudiants seront proposés ; ainsi que l'instauration d'un réseau des anciens dans chaque lycée et un système de référent adulte pour chaque établissement. Enfin, la mise en place d'un « carnet de l'orientation », sur le modèle du carnet de santé pourrait voir le jour.

PRIORITÉ AUX LANGUES

- Les propositions sont les suivantes : développement des épreuves orales, reconnaissance (par des points supplémentaires pour le bac par exemple) des séjours d'études à l'étranger, droit à une année de césure à l'étranger aux jeunes bacheliers, développement des bourses de mobilité ; faire en sorte, enfin, que chaque lycéen fasse dans le cadre de sa scolarité au moins un séjour d'études à l'étranger.

Darcos remplacé par Descoings ?

Il a démenti mais… L'hypothèse de l'arrivée l'Éducation nationale de Richard Descoings (photo) en lieu et place de Xavier Darcos fait son chemin. Rien n'est décidé, mais il semble bien que le Président n'ait pas caché son souhait de voir le très charismatique directeur de Sciences- Po Paris prendre des responsabilités ministérielles lors du remaniement qui devrait intervenir après les Européennes. Plusieurs éléments plaident en ce sens : d'abord l'entrée au gouvernement d'une personnalité de la vie civile, voire d'une personnalité d'ouverture à l'instar de Claude Allègre, qui, lui, pourrait prendre l'Industrie. Ensuite, son profil « social » pour avoir ouvert son école à des étudiants originaires des banlieues. Enfin le fait que, contrairement à Luc Ferry qui a fait un passage très contesté rue de Grenelle, Descoings a travaillé déjà dans plusieurs cabinets ministériels. Reste que pour l'intéressé, son rapport sur la réforme des lycées ne le met aucunement en piste pour être demain le ministre qui le mettra en musique : « Il ne faut pas confondre la légitimité que peuvent apporter l'expertise, la connaissance du terrain, la réflexion, et la légitimité que seuls peuvent conférer le combat politique et l'élection. Ce combat-là n'est pas le mien. En plus, dans l'Éducation nationale, on a deux exemples assez récents : Claude Allègre et Luc Ferry. Ils ont tenu deux ans avant d'être caramélisés ». H.M.

«Un rapport «light» pour rien»

Comment le rapport a été reçu par la communauté éducative ? Au vu des premières réactions, l'accueil est pour le moins mitigé.

Pour Philippe Meirieux, professeur de sciences de l'éducation à l'université de Lyon II, « il s'agit d'un rapport globalement consensuel mais qui ne va rien changer. C'est un lifting a minima qui ne touche pas aux questions qui fâchent, sur le statut des enseignants notamment. Le seul point qui peut être polémique ce sont les quotas sur les bacs technologiques. Pour le reste, c'est un enterrement de la réforme Darcos mais surtout, le renoncement à une vraie réforme des lycées qui préparerait véritablement les jeunes à l'entrée à l'université ».

Jean-François Blin, professeur à l'IUFM Toulouse le Mirail veut, lui, retenir d'abord le positif de ces propositions : « La revalorisation des filières technologiques et des compétences manuelles et techniques qui vont avec, est très importante. Bon point aussi sur les dispositions qui permettront à ces élèves de pouvoir préparer des écoles ingénieurs. Je suis également favorable à l'allégement du bac avec une part plus grande donnée au contrôle continu. De bonnes idées donc, même si je reste prudent sur la mise en œuvre. Ce rapport n'aborde pas la question des moyens. Il faudra bien pourtant que ça suive et notamment sur les postes de profs ».

Un point partagé par Yves Ortéga, responsable des parents d'élèves FCPE de Lannemezan : « Si Darcos a échoué, c'est notamment parce qu'il avait fait de la suppression de postes de profs un préalable. On ne peut pas négocier une réforme en la séparant de la question des moyens. Ce qui est bien, c'est la fin de l'hégémonie du bac S avec enfin une vraie possibilité pour les élèves de choisir une filière qui les intéresse vraiment. Beaucoup de bacheliers S se détournent ensuite des matières scientifiques ». Recueilli par H.M.

Billet

Du réchauffé..

« Ne rien faire serait socialement explosif », note doctement, et avec beaucoup d'apparente fermeté, le rapport Descoings. On pouvait donc s'attendre, à sa lecture, à « quelque chose » de détonant, de nature à contrer la fameuse et redoutable… détonation. Or pour les idées nouvelles, il faudra attendre un petit peu encore. Car en nous ressortant une fois de plus la double question de l'orientation (instrument vilipendé depuis sa création) et du rééquilibrage des filières (rituelle incantation aussi ancienne que la création de l'expression « école à deux vitesses »), la copie du missionnaire de Xavier Darcos nous présente en tout et pour tout de vieilles recettes à peine réchauffées au four de l'actualité. Au fond de la marmite, on reprend en guise d'ingrédients les « réflexions » avancées il y a déjà deux décennies : on plaidait alors, sur le même ton de l'incantation » pour des « filières d'égales dignités ». Cette timidité (frilosité) dans le projet est d'autant plus regrettable que dans sa lettre de mission datée du 14 janvier dernier, Xavier Darcos expliquait d'emblée que de toute façon, « la rentrée de 2010 serait faite sur de nouvelles bases ». C'était donc fait, on aurait pu, sans risque, aller un peu plus loin…


APRÈS LE REPORT DES EXAMENS EN SEPTEMBRE - Les CRS débloquent l'université Toulouse-Le Mirail

APRÈS LE REPORT DES EXAMENS EN SEPTEMBRE - Les CRS débloquent l'université Toulouse-Le Mirail

Les CRS débloquent l'université Toulouse-Le Mirail


C'était la dernière faculté encore totalement paralysée par le mouvement de grève contre les réformes des universités du gouvernement. Mais dans la nuit de mardi à mercredi, la trentaine d'étudiants qui bloquaient l'université Toulouse-Le Mirail depuis 3 mois ont finalement été délogés par des CRS et des gendarmes mobiles, et ces derniers contrôlent les accès au campus. "Nous avons évacué 30 étudiants grévistes dans le calme, sans résistance, à la demande du président de l'université", a confirmé la police.

Des gendarmes mobiles et des CRS, postés aux entrées de la faculté, empêchent mercredi matin les étudiants de reprendre le contrôle de l'université, comme ils l'ont déjà fait après une première tentative de déblocage. De son côté, le président de l'université Daniel Filâtre a annoncé que les examens ne pourraient pas se tenir en juin du fait du mouvement de grève, et les a programmés durant la première quinzaine de septembre, avec session de rattrapage en octobre. "Il n'y aura pas d'examens en juin. La session est reportée à septembre", a-t-il dit mardi à la presse, précisant que les étudiants de certaines filières pourraient remettre dès fin juin des "travaux pédagogiques", c'est-à-dire des mémoires ou des rapports qui ne pourront cependant pas permettre de valider le second semestre 2008-2009.

Daniel Filâtre, qui avait décidé, la semaine dernière, de reporter à septembre la session d'examens de juin, a opté mardi pour la fermeture administrative de l'université "jusqu'à jeudi 9 heures", à la suite de dégradations commises dans un bâtiment. Une assemblée générale des étudiants est prévue jeudi. Les plus radicaux regrettent le report des examens, estimant que le président de l'université refuse le dialogue. "Nous allons faire des propositions concrètes pour les examens et nous espérons qu'il entendra raison", a déclaré Côme, un des porte-parole des étudiants, avant l'intervention des forces de l'ordre. Alors qu'ils exigeaient initialement une "validation automatique" du second semestre, les étudiants ont revu leurs exigences à la baisse et cherchent une formule "qui pénaliserait le moins les étudiants".

Vol AF 447 : les recherches continuent, les enquêtes commencent

Vol AF 447 : les recherches continuent, les enquêtes commencent


Deux enquêtes ont commencé sur la disparition du vol AF 447 Rio-Paris. L’une menée par le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA), avec un premier rapport remis fin juin. La seconde lancée par la justice. Dirigée par le Parquet de Paris, elle devrait aboutir à l’ouverture d’une information judiciaire.

Alors que les premiers débris retrouvés sur le secteur du crash de l’Airbus d’Air France ont été officiellement identifiés, deux procédures d’enquête sont lancées en France.

La première est d’ordre administratif et technique. Elle est menée par le Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’Aviation civile (BEA), qui intervient sur chaque accident aérien. Ce matin, Alain Bouillard, responsable des investigations, a annoncé qu’il remettrait un premier rapport fin juin.

Le travail est intense. Nous travaillons d’arrache-pied pour recueillir toutes les informations pour nous aider dans la phase de l’enquête”, explique-t-il. Quatre équipes du BEA vont y travailler : “l’enquête ne sera pas facile”, prévient Paul-Louis Arslanian, président du BEA. “Une enquête est quelque chose en la matière de long, même parfois de très long parce que l’on ne peut pas se satisfaire de 80% de compréhension”.

Ces experts, qui parviennent parfois à reconstituer entièrement des carcasses d’avions accidentés, ont peu d’éléments pour se prononcer. Pour l’instant, seules des pièces métalliques, des sièges, une bouée orange et des traces de kérosène ont été repérés en plein océan Atlantique. Les enquêteurs disposent en outre des messages automatiques envoyés par l’avion au moment de sa disparition.

Une enquête sans boîtes noires ?

Les boîtes noires, qui enregistrent les paramètres de vols et les conversation dans le cockpit, constituent la cible prioritaire des recherches, tout espoir de retrouver des survivants étant perdu. Mais compte-tenu de la profondeur de l’océan à cet endroit et du relief sous-marin accidenté, le BEA avoue son manque d’optimisme sur la possibilité de les retrouver.

Mais selon Paul-Louis Arslanian, leur absence ne mettra pas forcément l’enquête dans une impasse : le BEA a “ déjà travaillé sans enregistreur ” de vol, rappelle-t-il.

Les équipes du BEA seront épaulées par des experts du constructeur de l’avion, Airbus. Mais ils ne seront pas intégrés directement à l’enquête, pour préserver l’indépendance des fonctionnaires. Ils pourront par contre être consultés sur des questions techniques : “si l’on trouve une pièce, nous sommes à même de dire qu’elle est positionnée à tel endroit de l’avion”, précise Airbus.

Bientôt une information judiciaire

L’avion lui-même n’est pour l’instant pas l’objet de soupçon : “aucun élément n’amène à penser que l’avion avait un problème avant son départ de Rio”, affirme le BEA.

Parallèlement à cette enquête administrative, la justice a engagé une procédure. D’abord confiée au parquet de Bobigny, dont dépend l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, elle a finalement échu au parquet de Paris, lieu de résidence de plusieurs des victimes. Cette procédure devrait se transformer rapidement en information judiciaire. Elle est menée par la gendarmerie des transports aériens, appuyée par l’Institut de Recherches Criminelles de la Gendarmerie Nationale.